Le profit doit-il être l'unique mesure de la santé des entreprises à but lucratif ? Non si l'on en croit celles qui se targuent d'être citoyennes. Ainsi donc, il serait tout à fait possible de concilier profitabilité et bonne conduite sociale.
Beaucoup d'entreprises qui se disent citoyennes s'empressent d'ajouter qu'elles souscrivent à l'objectif du
développement durable.
Discours paradoxal ?
Ont-elles le choix ? Dans le combat titanesque que se livrent les grands conglomérats carburant à la
mondialisation et le mouvement pour une
mondialisation plus humaine, le plus fort n'est pas toujours celui que l'on croit.
Ou plutôt celle que l'on croit. Quelle grande entreprise, quel gouvernement, peut aujourd'hui faire fi
des attentes de la
société civile ? Au point où celle-ci est devenue une
actrice incontournable dans toutes les grandes rencontres économiques internationales.
La fin justifie encore les moyens, répliqueront les plus cyniques. Et si justement, parmi les stratégies d'un développement plus humain, il se trouvait que l'appel à l'entreprenariat citoyen
était rentable ?
Il ne faudrait tout de même pas exagérer. Retenez cet enthousiasme juvénile que je sens monter en vous, la larme à l'oeil, devant ces nouveaux chevaliers économiques du bien commun.
En vérité, c'est un bien petit bataillon qui monte à l'assaut de l'énorme déséquilibre social mondial. Il y a encore bien loin de la coupe aux lèvres.
Michel Monette