La RSE résiste-t-elle à l'épreuve de la crise ?

Voici la question à laquelle ont tenté de répondre le 19 avril un panel d'experts lors d'un petit-déjeuner débat organisé par l'association Sorbonne Communication et l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

La dynamique des démarches RSE est confrontée aujourd'hui à une situation économique difficile; se pose alors la question du rôle de la Responsabilité Sociale des Entreprises en période de tempête : est-ce pour les entreprises une stratégie indispensable pour lutter et amortir les effets de la crise actuelle ? Ou bien est-ce un luxe inabordable ? En d'autres termes, la fragilité actuelle du pilier économique qui compose la RSE ferait-il de l'ombre aux deux autres piliers que sont le pilier social et environnemental ? 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, les intervenants ont questionné le rôle des outils de la RSE, et mis en avant le risque de la prolifération des normes et labels. Trop d'information pourrait brouiller le message et la compréhension des engagements responsables des entreprises. A cette crainte, Michel Capron, président du forum citoyen pour la RSE, apporte une nuance et précise que l’entreprise responsable est avant tout celle qui respecte la loi et les accords conventionnels et que finalement la RSE n'est pas si encadrée qu'elle n'y parait.

Ainsi, seulement deux normes proposent une démarche globale et volontaire de l’entreprise : les principes directeurs de l'OCDE et la norme ISO 26000, lesquels sont de surcroit d’interprétation et d’application particulièrement variables et donc fragiles.

De retour à la question initiale, Dominique Olivier, formateur en développement durable pour la CFDT,  indique que les démarches de RSE permettent aux entreprises, au-delà d'amortir les effets de la crise et les divers aléas du marché, d'anticiper les risques et donc de mieux les gérer. Ces actions d'anticipation (anticiper le besoin de formation pour sauver les emplois par exemple) sont au cœur même des responsabilités des entreprises envers les employés et la société civile. La RSE, même par des actions peu innovantes, apparait donc comme une stratégie indispensable pour les entreprises qui souhaitent pérenniser leurs activités et démontrer les valeurs qui les guident.

En période de crise en effet, la RSE semble être une impérieuse nécessité et réapparait même plus forte selon Vincent Godebout, Responsable national de l'Insertion par l'Activité Economique.

Rappelons que le concept de RSE est né en réponse à une nouvelle méfiance des consommateurs envers les entreprises : Sophie Flak, directrice du développement durable pour le groupe Accor rappelle ainsi l’influence et le nombre croissant des « consommacteurs ». Selon elle, la RSE doit dans l'idéal, traverser toutes les parties prenantes, et a donc un prisme large permettant de meilleures synergies entre celles-ci et une offre de qualité accrue.

L'entreprise, en tout temps a dû adapter son offre à la demande, est plus particulièrement en période de troubles économiques. La crise, véritable facteur pression, incite les entreprises à se réinventer et à proposer de nouvelles valeurs, afin de retrouver la confiance perdue.

Les experts de la tribune concluent en une phrase : La RSE résistera à la crise si les entreprises prennent en compte les conséquences positives de celle-ci à moyen et long terme; les démarches de RSE deviendront alors de véritables solutions de sortie de crise.



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