Extrait du Magazine Entre Pro: Bruno Humbert, un entrepreneur engagé

Découvrez l’intégralité de l’interview de Bruno Humbert, fondateur entre autres de l’agence Equitel et co-fondateur de La Ruche, publiée en Novembre 2012 dans le Magazine Entre Pro du Groupe SFR :

BRUNO HUMBERT,

Un entrepreneur engagé

Couverture Entre Pro

 

FONDATEUR D’ÉQUITEL, AGENCE SPÉCIALISÉE DANS LES ACTIONS SOLIDAIRES innovantes réunissant entreprises et associations, Bruno Humbert parraine le concours SFR Jeunes Talents Entrepreneurs Sociaux. Retour commenté sur le parcours de cet homme de conviction.

Après huit ans dans le groupe Sara Lee, puis trois ans chez un opérateur télécoms, vous avez décidé de changer de cap. Pourquoi ?

Bruno Humbert : Je voulais créer une entreprise engagée, qui réglerait des problèmes sociaux. Il y a douze ans, dans les grandes entreprises, personne ne croyait à ce genre de projet. J’avais donc l’absolue conviction que, si je voulais concrétiser mon idée, je devais le faire moi-même.

Ces expériences professionnelles vous ont-elles aidé à bâtir votre projet ?

B. H. : Au départ, entreprendre est un grand moment de solitude, et il n’existe pas grand-chose qui prépare à cela. J’ai démissionné en décembre 1999 et je me suis installé dans le sous-sol de ma maison pendant un an et demi, mon ordinateur et mon téléphone posés sur un établi…

Quelles démarches avez-vous accomplies pour lancer Équitel, le premier opérateur de téléphonie solidaire ?

B. H. : Je suis parti à la recherche d’investisseurs, d’associations, qui acceptent d’apposer leur logo sur une offre commerciale. Je me suis occupé de régler des problèmes liés à la fiscalité… C’est finalement par le biais d’un avocat que j’ai trouvé un investisseur qui a cru en l’aventure. C’était en septembre 2001. J’ai alors pu créer la société Équitel, et des associés m’ont rejoint. 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

B. H. : Je percevais un grand scepticisme et je faisais l’objet de regards un peu ironiques, parfois difficiles à vivre, chez les personnes à qui j’affirmais que les clients étaient capables de choisir un opérateur ou une entreprise en raison de son engagement. Mais il faut remettre cela dans le contexte particulier des années 2000 et de la spéculation Internet… J’avais cependant la conviction que les gens pouvaient s’intéresser à autre chose qu’à l’argent. Selon moi, le public a toujours souhaité que les choses soient plus paisibles, plus solidaires. Le partage, la convivialité, le regroupement font partie de la nature de l’homme. Alain Souchon a bien raison lorsqu’il chante que nous sommes une foule sentimentale !

Comment le projet a-t-il évolué vers le conseil ?Bruno Humbert et Equitel

B.H. : L’opérateur de téléphonie solidaire que nous avons lancé a très bien marché. Malheureusement, en 2002, la bulle Internet a explosé, et j’ai dû stopper l’activité d’opérateur. J’ai cependant décidé de mettre à la disposition de grands industriels le savoir-faire acquis pendant deux ans en matière, notamment, de partenariat avec les associations. Équitel est devenu une agence conseil pour les entreprises. J’ai commencé par le secteur des télécoms, que je connaissais le mieux : Cegetel, filiale de SFR, a été très vite suivi par SFR et par d’autres entreprises françaises.

Équitel accompagne les entreprises dans la réflexion, l’élaboration et la mise en œuvre d’actions citoyennes. Par quoi cela passe-t-il ?

B.H. : Pour mener une action efficace, il faut d’abord cerner l’entreprise, son métier, ses valeurs. Nous nous arrêtons ensuite sur les publics que nous voulons toucher – salariés, clients – et nous imaginons des opérations qui porteront les valeurs de l’entreprise auprès des clients, afin de générer des actions solidaires. 

Qui sont vos partenaires aujourd’hui ?

B.H. : Nos clients sont SFR, OpinionWay, la Fnac, Suez Environnement… Nous les accompagnons et les aidons à déterminer ce que peut être une entreprise engagée, aujourd’hui, en France. L’engagement n’implique pas seulement de donner de l’argent, mais bien de faire de la citoyenneté moderne, d’impliquer les collaborateurs, les fournisseurs, les clients… Concernant le choix des associations – Action contre la faim, Fondation de France… –, nous sommes prescripteur, jamais décideur.

Équitel compte quatre salariés et des free-lances. Quels principes guident votre management ?

B.H. : Mon management est très participatif. La principale qualité, au-delà de l’intelligence, est l’autonomie. J’essaie de faire en sorte que les personnes qui travaillent chez Équitel s’y sentent bien.

Parlez-nous de l’un des derniers programmes mis en place par Équitel…


B.H. :
Le concours SFR Jeunes Talents Entrepreneurs Sociaux soutient, pendant un an, huit lauréats porteurs d’un projet d’entrepreneuriat social. Ils bénéficient d’un accompagnement sur mesure par des professionnels et d’un gain de crédibilité important. Ce programme est très intéressant car il s’inscrit totalement dans le prolongement de la stratégie de SFR.

En quoi consiste votre rôle de parrain dans le cadre de ce programme ?

B. H. : J’accompagne personnellement chacun des huit lauréats : nous nous rencontrons au moins une fois par mois, nous nous téléphonons souvent, je les mets en contact avec des personnes susceptibles de pouvoir les aider… C’est d’ailleurs ce que j’ai toujours fait, car dans l’entrepreneuriat social s’entraider est naturel.

Vous soulignez souvent que les entrepreneurs sociaux sont avant tout des entrepreneurs. Pour quelles raisons ?

EquitelB. H. : Il ne s’agit évidemment pas de minimiser l’importance du social, mais il faut avant tout faire vivre son entreprise, trouver des clients, faire évoluer son modèle économique, manager des équipes… Avant d’être un bon entrepreneur social, il faut être un bon entrepreneur !

Pouvez-vous nous en dire plus sur la collaboration entre SFR et Équitel ?

B. H. : Depuis près de huit ans, nous proposons aux abonnés SFR de faire don de leurs bonus pour soutenir le projet d’une ou plusieurs associations présentée(s) dans le cadre du Bonus Solidaire du Pacte Fidélité. Cela marche très bien. Pour la Fondation SFR, nous faisons aussi beaucoup de retour d’information : récolte d’éléments sur l’état du projet auprès des associations, rédaction de textes, mise en ligne sur l’espace « Clients solidaires »… Et Il y a bien sûr le programme Jeunes Talents Entrepreneurs Sociaux, dont la première édition a été lancée en 2011.

Quels usages avez-vous des nouvelles technologies dans votre activité professionnelle, et en quoi les évolutions constantes de ces technologies impactent son développement ?

B. H. : Nous les utilisons énormément ! Par exemple, lorsqu’un client soutient une association, nous lui envoyons le reçu fiscal via Internet. Toutes les nouvelles technologies ont considérablement simplifié le recours aux micro-dons et ont permis de les développer. Nous surveillons de près tous les réseaux sociaux et tout ce qui se fait aux États-Unis dans le domaine des nouvelles technologies. C’est un formidable moyen de toucher massivement les clients. 

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune décidé à entreprendre ?

B. H. : Le temps du business en France est très lent. Il faut se préparer à ce que les choses soient beaucoup plus difficiles et longues que ce que l’on avait imaginé. Il ne faut pas se décourager et garder foi en son projet. 

Découvrez et téléchargez le Magazine Entre Pro : ici !



Share |

Toutes les actualités