Portrait d’entrepreneur social : Sylvain Hatesse

Consultant et formateur en développement durable auprès des entreprises et des collectivités territoriales chez Eco-focus ; créateur du jeu de société responsable Terrabilis, Sylvain Hatesse a plusieurs cordes à son arc.

Installé au cœur de La Ruche, un espace de travail collaboratif dédié à l’innovation    sociale, Sylvain Hatesse, 36 ans, nous reçoit pour partager son expérience et ses conseils.  

 

Bonjour, pouvez-vous vous présenter?

Je suis formateur en développement durable depuis une dizaine d’années, je travaille principalement avec les collectivités territoriales. Le cœur de mon métier est d’accompagner les équipes et les individus dans la mise en place d’actions de développement durable. Je m’appuie sur des démarches participatives pour essayer de susciter l’intérêt et soulever les freins éventuels qui peuvent apparaître au cours de la mise en œuvre de ces actions.

Pourriez-vous nous présenter votre parcours entrepreneurial ?

J’ai passé plusieurs années à l’étranger à travailler sur des projets à portée environnementale. D’abord, en Polynésie, dans le cadre d’un projet d’aquaculture puis quelques années plus tard sur un projet d’éco-tourisme pour le compte de L’Unesco dans une zone protégée en Afrique du Sud.

Cette immersion au sein de nouvelles cultures, a éveillé en moi une vraie conscience planétaire et écologique.

A mon retour en France en 2003, j’ai travaillé dans le portage salarial pour le compte de nombreuses structures, associations et ONG telles que Greenpeace ou encore Alliance21.

En 2005 par souci de pouvoir asseoir mon activité, je crée Eco-focus. Une agence de conseil et de formation en développement durable.

A  qui s’adressent les formations proposées par Eco-focus ?

Nos formations s’adressent essentiellement à des professionnels qui travaillent sur le fonctionnement de la collectivité, soit dans son volet technique, soit dans son volet administratif. Nous accompagnons la transition des territoires et des organisations en nous appuyant sur des outils tels que la concertation d’acteurs, la formation, l’animation de démarches participatives et la création d’outils de communication. Nous travaillons avec l’ADEME, les Chambres consulaires et de nombreuses collectivités territoriales.

En parallèle, nous travaillons avec plusieurs organismes de formation professionnelle ou universitaire qui forment des futurs acteurs du développement durable.

Quelle est votre offre, et en quoi consiste la singularité de votre manière de travailler ?

En 2005, quand j’ai lancé mon activité, j’ai voulu faire ressortir l’approche culturelle du développement durable. Il fallait tenir compte des différents avis qu’un groupe peut avoir sur une question de transition.

J’ai développé des jeux de rôle, qui permettent de comprendre les principes de la concertation et du management participatif et j’avoue qu’à l’époque j’étais à peu près le seul à proposer cela.

L’idée a fait son chemin puisqu’en 2010 l’ADEME m’a demandé de leur concevoir un jeu de rôle pour illustrer un module de formation à destination des coordonateurs de projet sur les Plans Climat Territoriaux.

Vous avez développé récemment un jeu de société sur le développement durable, pouvez-vous nous en dire plus ?

Terrabilis, jeu de gestion et stratégie transdisciplinaire sur le développement durable, était vraiment un projet très personnel, qui a été fait de façon très collective ! Je suis parti du principe que pour que les gens comprennent les enjeux de société actuels, il faut essayer de trouver des outils pour faciliter la transmission de ces messages. Le jeu me semblait un bon vecteur pour aller vers un plus grand public qui se sent peu concerné. Ce jeu stratégique permet de mettre en avant les interactions au travers des choix des joueurs et des répercussions sur le groupe. Pour anecdote, j’ai dédicacé ce jeu à Monsieur Edgar Morin dont je suis un grand admirateur.

Pédagogique et totalement éco-conçu, Terrabilis a reçu le soutien de nombreux organismes (UNESCO, Nations Unies…) et vient de recevoir un avis favorable des experts de l’Education Nationale pour une utilisation en collège et lycée !

Quel sont vos projets à venir ?

Je souhaiterais que Terrabilis vole de ses propres ailes, et qu’il s’inscrive dans la durée. Par ailleurs, je souhaite travailler toujours à l’échelle du territoire, parce que c’est celle qui me semble la plus pertinente, et d’essayer de rapprocher les acteurs économiques des acteurs politiques.

Pour conclure, que peut-on vous souhaiter?

D’être heureux et une longue vie (rires). Plus sérieusement, j’aimerais qu’il y ait une véritable prise de conscience politique, qu’on ouvre la porte à des nouvelles idées, qu’on ne les regarde pas comme des idées marginales ou utopiques mais plutôt comme des idées fédératrices de désir et  d’investissement.

Merci Sylvain et tous nos vœux de succès dans cette aventure entrepreneuriale !

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Sara Hilal.



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