Innovation sociale et citoyenneté des entreprises, quels enjeux ?

Impossible d’échapper au côté écologique ou social des produits et service que nous consommons aujourd’hui. A croire que chaque entreprise serait subitement devenue plus responsable, plus proche des citoyens. Mais dans quel but une entreprise participe-t-elle à l’innovation sociale ? L’engagement des entreprises a-t-il changé au cours des dernières années ? Rien de mieux pour répondre à ces questions que d’interroger Bruno Humbert, fondateur d’Equitel et expert des stratégies citoyennes en entreprise.

Economie Magazine : Bonjour ! Pouvez-vous nous présenter Equitel ?

Bruno Humbert : Depuis 12 ans, nous accompagnons des grandes entreprises autour d’un concept dont nous avons été les pionniers : la citoyenneté intégrée.

Nous avons développé une méthodologie qui permet de faciliter l’émergence, dans les entreprises, d’une vision et la co-construction d’un plan d’actions autour d’une citoyenneté comprise par tous et totalement cohérente avec les valeurs de l’entreprise et des professionnels qui la composent. Notre approche inclut la facilitation de réunions et de processus collaboratifs. Nous disposons également d’outils de diagnostic et d’analyse des programmes de citoyenneté existants, et d’enquête sur les attentes des collaborateurs. Enfin, nous mobilisons un vaste réseau d’expertise sur les sujets de l’innovation sociale et de la citoyenneté des entreprises en France et à l’étranger.

En 2012, nous avons notamment travaillé avec HSBC, Suez Environnement, Simply Market ou encore SFR.

Nous avons aussi développé un très fort savoir-faire pour impliquer les clients aux actions citoyennes des entreprises.

Economie Magazine : Pourquoi est-il important pour une entreprise aujourd’hui d’adopter une stratégie citoyenne ? Quel rôle ont les consommateurs ?

Bruno Humbert : Lorsque les engagements d’une entreprise sont bien pensés en amont, ils ont beaucoup d’effets positifs en interne et à l’externe. Cela nourrit la marque, génère de la fierté d’appartenance, et peut aussi fidéliser les clients si on les fait participer.

A l’avenir, je pense les entreprises qui seront considérées comme engagées auront un avantage concurrentiel par rapport aux autres.

Economie Magazine : Au cours des dernières années, avez-vous assisté à un changement de stratégie de la part des entreprises en matière de citoyenneté ? Comment s’impliquent-elles aujourd’hui ? Pour quel type de projets ?

Bruno Humbert : Il y a depuis quelques années une très forte évolution dans les entreprises les plus matures sur ces sujets. On est passé d’un mécénat distant et un peu coupable à une volonté de comprendre, de s’impliquer, et de s’investir dans les actions.

Elles choisissent des thématiques qu’elles comprennent et proposent aux salariés et parfois aux clients de s’y associer. Bien-sûr elles donnent de l’argent aussi mais on voit bien qu’il y a une recherche d’efficacité. Cela fait aussi du bien aux associations bénéficiaires.

Economie Magazine : Quels sont les principaux obstacles évoqués par les entreprises lors de la mise en place de stratégies citoyennes ? Peut-il y avoir des dérives ?

Bruno Humbert : J’imagine que le manque de moyens humains et financiers ne sont pas liés qu’aux actions citoyennes. Dans toutes les entreprises de France et dans tous les services, on doit entendre la même chose. Les restrictions de budgets touchent tous les secteurs de l’entreprise. C’est pourquoi je pense qu’il est temps pour les entreprises qui ne le sont pas, de devenir exigeantes et efficaces dans les actions citoyennes qu’elles mènent.

Economie Magazine : Parmi les différents projets sur lesquels vous avez travaillé, quel a été votre coup de cœur ?

Bruno Humbert : Nous organisons depuis 3 ans le concours SFR Jeunes Talents Entrepreneurs Sociaux. J’aime ce concours car SFR vient soutenir des entrepreneurs sociaux à un moment où personne ne leur vient en aide et où ils en ont le plus besoin : au tout début de l’aventure.

C’est là où il y a le plus de risque d’abandon lié au découragement, ou à la méconnaissance du secteur.

J’aime que SFR prenne le risque de soutenir des personnes à ce moment-là.

En fait c’est à ça que l’on voit si une personne ou une entreprise est engagée : quand elle est prête à prendre des risques sur une cause.

 

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