Les temps de crise sont-ils propices à la réduction des budgets de mécénat ? Est-ce le moment de réinventer son engagement ?

Pour les très nombreuses grandes entreprises ayant une fondation la question de la réduction des budgets ne se pose pas. En effet, les engagements budgétaires se faisant sur 5 ans, il n’est pas possible de les réduire en cours de période.

Par contre, de plus en plus se posent la question de l’efficacité de l’argent qui est donné. Quel est l'impact réel de ces coups de pouce financiers ? Comment les rendre « efficaces » ?

Ciel nuageux

Il faut dire que le saupoudrage reste une pratique courante des fondations qui multiplient les petits dons sans trop se soucier de leurs impacts. 

Il est compliqué d’espérer qu’en retour d’un chèque de 5 000€ envoyé à une association, cette dernière fasse un bilan exhaustif de l’utilisation des fonds. L’entreprise quant à elle aura du mal à justifier l’envoi d’un auditeur pour s’assurer de la bonne utilisation des dons, et à chercher à mesurer l’impact de son intervention.

Par conséquent, l’entreprise se contente de recevoir quelques lignes de la part de l’association et, quand plusieurs dizaines d'associations font la même chose, pour une même fondation, on peut légitimement penser que la lecture de ces « rapports » se fera de façon très transversale dans le meilleur des cas.

Conscientes de ces limites, et ayant envie de pouvoir faire la démonstration d’un véritable engagement, un nouvel état d’esprit est en train d’émerger dans les entreprises qui se posent ce genre de questions.

Actuellement, l’apparition de nouvelles formes d’engagement pour les entreprises, comme les social business ou la création de chantier d'insertion, du type « La Maison pour Rebondir » de Suez Environnement, pourrait amener les entreprises à favoriser des actions beaucoup plus proches de leurs activités.

Ce type d’évolutions permet aux entreprises qui les pratiquent, d'avoir de bien meilleures retombées en interne et à l’externe. Pourquoi ?

1) D’abord parce que l’entreprise s’engage ! Contrairement à l’envoi d’un chèque, ces nouvelles actions nécessitent une bien plus grande implication de l’entreprise. Du coup, la communication est beaucoup plus facile car moins risquée.

2) La communication est d’autant plus facile que tout le monde peut facilement comprendre tous les apports que peut avoir l’entreprise (industrie, compétence, …)

3) Le personnel en tant que professionnel est plus facilement mobilisable sur des actions qu’il comprend et sur lesquelles il peut apporter une véritable valeur ajoutée.

Cette évolution est-elle positive ? Certainement pas pour les petites associations qui espèrent que les dossiers qu’elles envoient aux fondations leurs permettront de recevoir quelques subsides. Mais si les grandes entreprises veulent mettre leur efficacité au service de la citoyenneté ou de la résolution de certains problèmes sociaux alors, comme l’a écrit sur sa tombe Franck Sinatra «  Le meilleur est à venir ».

Bruno Humbert



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